Luyana

ou l'écho de la pluie.

Lundi 28 novembre 2011 à 11:09

 
" Il a de belles jambes quand même ". Ses paroles m'étaient arrivées comme une gifle, elles s'étaient frayées un chemin à travers les bruit de pas des infirmières dans le couloirs. C'est vrai qu'elle avait raison. 
Aucune ride, aucune varice, aucune veine apparente. Comme oubliées par le temps. 

C'est à partir de là que tout est revenu.
A partir du moment où je sentais la fin arrivée, des millions de petits détails que j'avais toujours aimé me percutaient la mémoire. 
Comme des trésors que l'on décide d'enterrer et dont on a peur d'oublier l'emplacement. 
On y fait une marque, on dépose un caillou, une branche. C'est pourtant un endroit stratégique, là-bas à côté de l'arbre, au pied du buisson qui a une drôle de forme. 
Les premiers temps, on retourne souvent à cet emplacement secret. On le contourne, on vérifie, on le regarde de loin pour ne pas attirer l'attention. C'est bon, ça n'a pas bougé. 
Et puis,  on y va de moins en moins. On connait l'emplacement, on ne prend plus le temps de vérifier. 
A la base, vérifier était le signe avant-coureur de l'acquis. L'absence de vérification, c'est le poins culminant du sentiment d'acquisition. Cette sûreté illusoire que rien ne changera et qui rythme nos actes.

Seulement, un jour... une rafale a emporté la branche, une personne a ramassé ou déplacé le caillou, l'arbre a été abattu ou le buisson taillé.
C'est fou quand même, c'était là. Enfin, par là...

On se fait violence, on culpabilise, on tourne l'histoire 100 fois dans sa tête, on va même jusqu'à retourner toute la terre alentour. Du vent. 


Il y a des choses que j'enterrerais avec moi. Des mots, des actes, des symboles. Qui m'ont fait mal ou pas. 
Je prends le bon comme le mauvais, car je pense que la souffrance est nécessaire.
Souvent, c'est elle qui me fait le plus avancer.
Parfois, elle m'emmène sur des terrains dangereux. 
Le bonheur est un luxe.
Et tout est une question de choix. On décide de saigner comme on décide de sourire. Et le comble : c'est que l'on peut même sourire en saignant.

Alors qu'importe finalement ? Le but final, c'est notre personne après tout. Avec le reste de l'humanité.


Quoiqu'on en dise : seul, on n'existe pas.


Dimanche 13 novembre 2011 à 17:24

" N'avaient-ils rien autre chose à se dire ? Leurs yeux pourtant étaient pleins d'une causerie plus sérieuse; et, tandis qu'ils s'efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux; c'était comme un murmure de l'âme, profond, continu, qui dominait celui des voix. Surpris d'étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s'en raconter la sensation ou à en découvrir la cause.
Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l'immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l'on s'assoupit dans cet enivrement sans même s'inquiéter de l'horizon que l'on n'aperçoit pas. "


Madame Bovary, Flaubert.



http://luyana.cowblog.fr/images/SAM1450.jpg

Lundi 17 octobre 2011 à 17:42

Un putain de blues.

Mais j'en reviendrai.  

Dimanche 25 septembre 2011 à 11:57

.Tu ne m'entraîneras pas dans ta chute .
. Elle t'appartient .
. C'est notre seule distinction .

Samedi 3 septembre 2011 à 15:35

http://luyana.cowblog.fr/images/SAM1404.jpg

Je ne suis rien et tout à la fois.
Je m'encastre dans la maigre place de l'intermédiaire, tapissée dans l'ombre. Attendant.

Je suis du conditionnel qui ne sera toujours que du passé. 
Jusqu'à la fin, je resterais cette supposition, ce "peut être " mumuré, résonnant dans la nuit.

Septembre, mes pensées, mes remords, mes frustrations.
Cette dépression qui se raccroche à mon énergie comme une sangsue.

S'accrocher, se dévoiler, estimer au plus point. Dans le vide, c'est tellement usant ...

... Qu'il ne me reste qu'une seule chose à faire.










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